Ce webinaire s’adressait aux professionnel.les de la périnatalité et de la petite enfance. Il était animé par Gaëlle VIOLET de la Mutualité Française Pays de la Loire avec l’intervention de :
BOELS David : pharmacien toxicologue, enseignant chercheur à l’UFR de médecin de Nantes, référent médical du Hall santé.
LE SUJET
Bénéficiant d’une image globalement positive, les huiles essentielles peuvent toutefois présenter des risques pour certaines populations vulnérables, notamment les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes souffrant d’allergies respiratoires.
Ce webinaire propose aux professionnels de la périnatalité et de la petite enfance de mieux comprendre comment les huiles essentielles sont produites, quelles sont leurs propriétés validées par la science, et quelles recommandations d’usage doivent être privilégiées auprès de ces publics sensibles.
CE QU'IL FAUT RETENIR
Que sont les huiles essentielles ?
Selon l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM), les huiles essentielles sont des extraits végétaux odorants obtenus par distillation (le plus souvent à la vapeur d’eau) ou par expression mécanique (agrumes).
Elles sont constituées de mélanges complexes de molécules naturelles (alcools, phénols, cétones, terpènes…).
Leur statut réglementaire varie selon l’usage : cosmétique, arôme alimentaire, complément alimentaire, biocide, dispositif médical, médicament à base de plantes ou produits chimiques.
Leurs usages sont variés (sommeil, stress, douleurs…), mais les preuves scientifiques restent limitées, souvent fondées sur de petits effectifs. Leurs mécanismes d’action sont moins bien établis que ceux des médicaments.
Modes d’utilisation
Inhalation
Diffusion atmosphérique
Application cutanée (diluée)
Voie orale (avec avis médical)
Risques et effets indésirables
Les huiles essentielles sont des substances actives, pouvant entraîner des réactions :
Neurologiques : céphalées, vertiges, agitation, convulsions à forte dose
Digestifs (ingestion) : nausées, vomissements
Respiratoires : irritation bronchique, crise d’asthme, détresse respiratoire chez le nourrisson
Hormonaux (rares) : perturbations du cycle, gynécomastie prépubère
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) déconseille leur usage chez les enfants et les femmes enceintes.
L’ANSM recommande un avis médical avant toute utilisation par voie orale.
Populations à risque
Prudence ou éviction chez :
Femmes enceintes ou allaitantes : avortements spontanés, retards de croissance fœtale, toxicité maternelle, stimulation utérine.
Bébés et jeunes enfants : Risque de détresse respiratoire ou spasme laryngé. Risque accru de convulsions, apnées, laryngospasme, pneumopathies. Irritations cutanées importantes. Métabolisme hépatique immature → difficulté à éliminer les substances.
Personnes épileptiques : Déclenchement de crises et/ou augmentation de la fréquence.
Personnes asthmatiques : Irritation des bronches, déclenchement d’une crise asthme.
Personnes avec maladie du foie : Aggravation d’une insuffisance hépatique. Accumulation de composés toxiques.
Personnes sous traitement médicamenteux : Interactions possibles, augmentation des effets secondaires.
Comment choisir une huile essentielle ?
Sur le flacon, il doit y avoir :
Le nom latin complet (ex : Lavandula angustifolia)
La partie distillée (fleur, feuille, écorce…)
Le chimiotype
Autres critères de choix :
100% pure et non diluée
Bio (label certifiant Cosmos organique, label AB…) afin d’éviter la concentration en pesticides
Issue de filière durable
Éviter les mélanges de nombreuses huiles essentielles
Bonnes pratiques
Utiliser en petite quantité
Toujours diluer pour une application cutanée
Éviter l’ingestion sans avis médical
Ne pas appliquer sur les muqueuses
Ne jamais injecter
Aérer en cas de diffusion
Tenir hors de portée des enfants
► Le savez-vous ?
La production d’huiles essentielles mobilise beaucoup de ressources naturelles.
De grandes quantités de plantes
Jusqu’à 4 tonnes de pétales pour 1 kg d’huile de rose, et 100 à 150 kg de fleurs pour 1 kg de lavande.
Un enjeu pour certaines espèces
Comme le bois de santal, qui peut être fragilisé sans gestion durable.
Eau, énergie et transport
La distillation est énergivore et l’importation augmente l’empreinte carbone.
Agriculture intensive
Elle peut appauvrir les sols et perturber la biodiversité.
Mais bonne nouvelle ! Des filières plus durables se développent pour limiter ces impacts.
Le cycle de webinaires « Devenez relais santé environnementale du jeune enfant » est proposé par la Mutualité Française Pays de la Loire et l’ARS Pays de la Loire dans le cadre du PRSE4. Il s’adresse aux professionnels de la périnatalité et de la petite enfance.
Son objectif : proposer une culture commune sur les connaissances fondamentales en santé environnementale et apporter des conseils simples à transmettre aux publics accompagnés par les professionnels.