[WEBINAIRE] Alimentation et contenants alimentaires : quels impacts sur la santé ?

Session 4 du cycle de webinaires consacré à la santé environnementale du jeune enfant et organisé par la Mutualité Française Pays de la Loire et l’Agence régionale de santé dans le cadre du PRSE3.

Animé par Gaëlle VIOLET de la Mutualité Française Pays de la Loire avec l’intervention de Emilie DELBAYS, responsable pédagogique à WECF France, ce webinaire a été suivi le 15 décembre 2020 par des professionnels de la périnatalité et de la petite enfance.

LE SUJET

Nous le savons tous, une alimentation saine, équilibrée et diversifiée est essentielle à la santé.

Si les messages sur l’équilibre alimentaire sont assez bien connus, l’information sur les sources de contamination via l’ingestion d’aliments l’est un peu moins. Ce que l’on mange et dans quoi l’on mange, a donc un impact sur notre santé, et de manière encore plus importante chez la femme enceinte et le jeune enfant.

En effet, l’exposition de la femme enceinte à des polluants de l’alimentation peut avoir une incidence sur le fœtus. C’est cette possibilité qui a conduit la France à interdire l’utilisation de BPA (perturbateurs endocriniens suspectés avec effets reprotoxiques), non seulement dans les biberons en plastique mais également dans tous les contenants destinés à l’alimentation, afin de ne pas exposer la mère et donc l’enfant.

Quels sont les contaminants possibles de l’alimentation ? Comment est-ce encadré par la réglementation ? Quelles sont les recommandations actuelles pour ces publics spécifiques ? Et quelles précautions simples pour limiter leurs présences ? Et plus globalement comment gérer l’impact environnemental sur la planète à travers nos choix alimentaires ?

C’est ce qu’a abordé ce quatrième et dernier webinaire du cycle consacré à la santé environnementale en périnatalité.

CE QU'IL FAUT RETENIR

De réelles garanties sur la sécurité des aliments infantiles

Selon le consensus produit par l’organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations Unies (FAO), la sécurité alimentaire se définit par 4 paramètres :

  • La disponibilité physique des aliments
  • L’accès économique et physique des aliments
  • L’utilisation des aliments
  • La stabilité dans le temps

En France, une réglementation européenne et nationale encadre la sécurité des aliments mis sur le marché (hygiène, procédure, qualité des aliment, étiquetage), comme par exemple l’obligation d’indiquer les date limite de consommation, les ingrédients utilisés ou encore la liste des additifs autorisés.

Cette réglementation est plus stricte encore pour l’alimentation infantile. A titre d’exemple, les traces de pesticides autorisés y sont 500 fois inférieurs et les additifs autorisés sont au nombre de 53 contre 400 dans l’alimentation courante.

Des contenants alimentaires avec des matériaux stables

L’alimentation peut être contaminée par transfert de contenant vers le contenu. Ainsi, il est préférable d’utiliser des matériaux stables tels que l’inox, le verre ou la porcelaine surtout si les plats sont chauffés, s’ils contiennent des aliments gras ou acides. Donc préférer des biberons en verre à ceux en plastique, car même si depuis 2015 ils ne contiennent plus de BPA, ils peuvent contenir d’autres bisphénols.

Les contenants en plastique ou les poêles en téflon devront être changés s’ils sont dégradés.

Une cuisson douce

Privilégier une cuisson douce (par exemple à la vapeur ou mijotage). Une cuisson à forte chaleur dégage des fumées chargées en graisses nocives et détruit les nutriments de l’aliment.

Alimentation de la femme enceinte

L’équilibre alimentaire durant cette période est primordial. Manger équilibré avec suffisamment de fruits et légumes permet d’assurer les apports nécessaires en vitamines et minéraux, comme par exemple la vitamine B9 (folate) que l’on trouve dans les légumes à feuilles vertes (choux, choux de Bruxelles) et qui sont essentiels pour le bon développement du fœtus. Choisir des produits » bio » permet de limiter les traces de pesticides.

Pour l’apport en oméga 3, les poissons gras sont intéressants. Les poissons situés en fin de chaîne alimentaire (type saumon, thon) sont cependant à limiter pour privilégier les petits poissons comme les sardines et le maquereau moins chargés en métaux lourds.

Alimentation du nourrisson

Le lait maternel assure une vraie sécurité pour le nourrisson : disponible, gratuit, parfaitement adapté et écologique. Même si on sait aujourd’hui qu’il contient des traces de produits chimiques, le bénéfice l’emporte sur le risque.

Si le choix est fait de ne pas allaiter, il faut utiliser des laits infantiles (1er et 2ème âge) et tout particulièrement si on fait le choix de protéines végétales – attention cependant à ne pas prendre de boissons végétales, parfois appelées à tort « lait végétal » qui sous-alimenteraient l’enfant, jusqu’à mettre gravement en danger sa santé.

Les « 3VBLS » d’une alimentation saine et durable

Le concept d’une alimentation Vraie, Variée, Bio, Locale et de Saison (3VBLS) a été notamment promu en France par Anthony Fardet, chercheur à l’INRAE.

Une alimentation « Vraie », c’est limiter la part des aliments ultra-transformés souvent riches en sucre, gras mais également en différents additifs. Opter pour une cuisine à partir d’aliments « bruts » et dont l’on peut maîtriser l’origine.

Une alimentation « Variée », c’est permettre un équilibre et l’apport de tous les nutriments nécessaires. La variété et l’équilibre alimentaire chaque jour, c’est l’idéal mais cela peut aussi se concevoir à la semaine et ainsi composer avec nos contraintes de vie.

Une alimentation « Végétale » : c’est les fruits et légumes mais aussi les féculents. Il est recommandé d’en augmenter leur part (dans l’idéal 80 % de notre bol alimentaire) au détriment de la viande qui a un impact écologique et sanitaire important. Depuis 2018, le Haut Conseil à la Santé Publique recommande de limiter la consommation de viande rouge (bœuf, porc, veau, mouton, agneau, abat) à 500g par semaine pour un adulte. A noter : les légumineuses tels que lentilles, pois-chiche ou encore mogettes sont riches en protéines. Associées à une céréale (riz, semoule…), elles peuvent fournir un repas équilibré.

Une alimentation « Bio, Locale et de Saison » : c’est meilleure pour la santé et permet aussi de réduire l’empreinte écologique de l’alimentation.

Un régime 3VBLS c’est bon pour la santé et pour la planète.

REPLAY ET POWERPOINT

L'INTERVENANTE

Emilie DELBAYS est responsable pédagogique chez WECF (Women Engage for a Commun Futur) et coordinatrice du programme Nesting (programme de réduction de l’exposition des femmes enceintes et des jeunes enfants aux polluants intérieurs).

WECF est une organisation non gouvernementale qui promeut le développement durable et soutient l’engagement des femmes. L’association est partenaire officiel du PNUE, consultant au Conseil économique et social des Nations Unies, membre du comité européen Santé environnementale et du groupe majeur femmes processus (RIO, 2015). En savoir plus

POUR ALLER PLUS LOIN

[FICHES CONSEILS – pdf] Contenants et alimentation – WECF

[FICHES CONSEILS- pdf] Le procédé 3VBLS -WECF

[INFOGRAPHIE] 10 façons d’éviter les substances toxiques pendant et après la grossesse – Heal

[PODCAST AUDIO] Les  légumineuses – Mutualité Française Pays de la Loire

[VIDEO] Lalimentation ultra-transformée – Anthony Fardet

[VIDEO] Le cracking alimentaire, qu’est-ce que c’est ? – Science et Vie

[SITE INTERNET]  Les labels dans l’alimentation – CLCV

[SITE INTERNET] Des idées de menus – La fabrique à menus

[SITE INTERNET] Manger Bouger

[SITE INERNET] Le label Biocohérence

[LIVRE] « Halte aux aliments ultra transformés, mangeons vrai » d’Anthony Fardet, édition Thierry Souccar, 2017.

[DOSSIER DE PRESSE] « Consommation d’alimentation ultra-transformée et risque de cancer » – INSERM

[DOCUMENT PDF] Le programme national Nutrition Santé 2019-2023 – Ministère des solidarités et de la santé

[ARTICLE] 5 pistes pour une alimentation durable – CLCV

[ARTICLE] Micro-onde et substances chimiques des emballages alimentaires – ANSES

[ARTICLE] Les nanomatériaux dans l’alimentation – ANSES

[ETUDE] Exposition des enfants de moins de 3 ans à certaines substances présentes dans l’alimentation – ANSES

LES 4 SESSIONS DU WEBINAIRE

Le cycle de webinaires « Devenez relais santé environnementale du jeune enfant » est proposé par la Mutualité Française Pays de la Loire et l’ARS Pays de la Loire dans le cadre du PRSE3. Il s’adresse aux professionnels de la périnatalité et de la petite enfance.

Son objectif :  proposer une culture commune sur les connaissances fondamentales en santé environnementale et apporter des conseils simples à transmettre aux publics accompagnés par les professionnels.

Il se compose de 4 sessions :

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