Accès aux soins en 2020 : le bilan de santé des Pays de la Loire

C’est à l’accès aux soins dans les territoires que la Mutualité Française a consacré son Observatoire-Place de la santé 2020. L’étude passe au crible la densité médicale et analyse les nouvelles pratiques qui offrent des perspectives encourageantes sur l’offre de soin. Zoom sur le bilan de santé des Pays de la Loire.

Une population ligérienne qui augmente et vieillit

La consommation de soins, et par corrélation son coût, augmente partout en France. A cela, trois raisons principales : le développement des pathologies chroniques, l’accroissement et le vieillissement de la population. Aujourd’hui, en France, les plus de 60 ans représentent plus d’un quart (27%) de la population et en représenteront presqu’un tiers (32 %) dans 30 ans. Les Pays de la Loire sont le reflet de la situation nationale avec un taux moyen de 28 % de personnes de plus de 60 ans. Quelques disparités locales sont à relever avec un taux plus faible que la moyenne nationale en Loire-Atlantique (24 %) et un taux plus élevé en Vendée (32 %).

Les plus de 60 ans par département
Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Moins de généralistes en Pays de la Loire

Comme dans le reste de l’Hexagone, l’augmentation de la demande de soins en Pays de la Loire se heurte à une densité médicale disparate qui alimente les inégalités d’accès aux soins. On comptabilise 152 médecins généralistes pour 100 000 habitants en France métropolitaine. Cette moyenne tombe à 135 généralistes pour 100 000 habitants en Pays de la Loire, avec de profondes disparités territoriales. Si l’on dénombre 167 généralistes pour 100 000 habitants en Loire-Atlantique et 163 en Maine-et-Loire, les trois autres départements restent en queue de peloton avec 125 généralistes pour 100 000 habitants en Vendée, 114 en Sarthe et 110 en Mayenne.

Densité de médecins généralistes par département
Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Moins de spécialistes en Pays de la Loire

Même constat concernant la présence des médecins spécialistes en région : 190 médecins spécialistes pour 100 000 habitants en France contre 132 en moyenne sur les Pays de la Loire. La Loire-Atlantique affiche la meilleure densité régionale avec 184 professionnels pour 100 000 habitants, suivie du Maine-et-Loire avec 178 spécialistes. La Sarthe, la Vendée et la Mayenne restent, quant à elles, largement sous-dotées avec respectivement 121, 100 et 80 spécialistes pour 100 000 habitants.

Densité de médecins spécialistes par département
Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Des médecins âgés et inégalement répartis

Source de préoccupation supplémentaire, les départements sous-dotés en généralistes sont souvent ceux qui comptent le plus de médecins âgés. Que se passera-t-il quand ils partiront à la retraite ? Alors qu’en moyenne 48% des médecins français sont âgés de 55 ans et plus, ils sont 54 % à être dans cette tranche d’âge en Sarthe et en Mayenne. Sans oublier que la Sarthe et la Mayenne, suivies de près par la Vendée, sont les départements qui connaissent la plus inégale répartition des médecins généralistes sur leur territoire, avec de nombreuses zones sous-denses en médecins généralistes (les « déserts médicaux ») : 21 % des Sarthois, 21 % des Mayennais et 15 % des Vendéens vivent dans une commune où l’accès à un médecin généraliste est limité (contre 11 % en moyenne de la population nationale).

Population en communes « sous-denses »
Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Des mesures encourageantes pour l’accès aux soins

Pour améliorer l’accès aux soins, différentes mesures ont été mises en place comme la télémédecine, le développement de l’exercice coordonné au travers des maisons de santé pluriprofessionnelles ou encore le partage de compétences entre professionnels, comme la vaccination antigrippale par les pharmaciens d’officine ou la possibilité pour les orthoptistes de réaliser des bilans visuels.

La téléconsultation a été un des outils clefs pendant la période de confinement de mars à mai 2020 (+97% sur l’ensemble de la France). Elle a cependant été diversement utilisée par les Ligériens en comparaison à l’avant confinement. Largement plébiscitée en Loire-Atlantique  (+ 441 %) et en Maine-et-Loire (+ 223 %), la téléconsultation a doublé en Vendée (+46%) mais a reculé en Mayenne (-47%) et en Sarthe (-21%). Quant à la part des vaccins contre la grippe effectués en officine, tous les départements ligériens sont légèrement en deça de la moyenne nationale établie à 25%.

La vaccination anti-grippale effectuée par les pharmaciens
Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Peut encore mieux faire

Ces initiatives nécessitent des adaptations et améliorations, mais elles montrent que les inégalités territoriales d’accès aux soins ne sont pas irrémédiables. La Mutualité Française en témoigne avec les propositions qu’elle a portées lors du Ségur de la santé et qu’elle étaye avec l’éclairage des données recueillies dans cet Observatoire 2020. Au chapitre des pistes d’amélioration : le développement du partage des compétences entre professionnels de santé et son élargissement à d’autres professions (masseur-kinésithérapeute, infirmier…), un meilleur accompagnement des téléconsultations avec notamment une prise en charge par l’assurance maladie et les complémentaires santé ou encore le développement des espaces de santé pluriprofessionnels pour généraliser la coopération des intervenants en ville.

Des documents pour découvrir en détail
L'Observatoire-Place de la Santé 2020

Le focus chiffré des Pays de la Loire
Cliquer sur l’image pour le télécharger

L’Observatoire en 10 chiffres clef
Cliquer sur l’image pour l’agrandir

La synthèse de L’Observatoire
Cliquer sur l’image pour la télécharger

L’Observatoire complet
Cliquer sur l’image pour le télécharger

Ce que pensent les Français des nouvelles mesures
pour améliorer l’accès aux soins
Cliquer sur l’image pour télécharger l’infographie